Epé Ekpé

Epé-Ekpé ensemble des cérémonies pour rentrer dans une nouvelle année chez le peuple Guin-Mina

Epé-Ekpé est le grand moment de ma société, et l'essentiel se passe dans mon village  Glidji-Kpodji.                                                                                            

       Elle commence par :

Sedodo;

Situtu ;

Bliku-Mama;

Kpessosso qui est la prise de la pierre sacrée, le point culminat des cérémonies;

Nloli-Yoyo ;

Yaka-Oken ;

Nloewa Nana ;

Esidudu et se termine par

Vodou dze apu.

Elle a avant tout celle de rassembler et de consolider l’union sur la base de l’appartenance à une même culture, aux mêmes divinités et aux mêmes ancêtres. C’est cette cérémonie qui donne « le ton » de l’année à venir, elle assure le bien-être du peuple par des prières aux dieux  qui se manifestent symboliquement à travers une pierre précieuse. Son autre fonction est de demander la faveur et la bénédiction des morts en leur offrant des sacrifices et des dons ; elle garantit la cohésion entre les ancêtres divinités et le peuple et contribue à maintenir l’ordre ancestral et à respecter la volonté des dieux en incitant le peuple à suivre les règles établies au cours des rites.

Son but est de lier cet ensemble d’individus qui participent les mêmes conditions de vie matérielles, religieuses, sociales, politiques, économique, ce qui fait le bon fonctionnement du groupe.

  C’est la joie de se retrouver en famille qui est la plus grande : les parents qui ont quitté le pays pendant longtemps reviennent au bercail, on profite pour présenter les membres de la familles qui ne se connaissent pas. Le but de tout ceci est de souder les liens familiaux, afin que tout le monde se connaisse

LES RECOMMADATIONS DE LA PIERRE SACREE 2005

Les 41 divinités du peuple Guin-Mina nous ont donné cette année une pierre de couleur verte.

Par cette couleur les divinités interdisent les abattages anarchiques des arbres à qui il faut demander pardon. Elles réclament la redynamisation de la tradition dans tous les coins du pays et la réhabilitation de toute les divinités du Togo. La pierre recommande le pardon et la réconciliation à tous les chefs traditionnels, Gê Fio et à tout le peuple togolais. La pierre recommande aux autorités togolaises de réunir tous les chefs traditionnels et prêtres des divinités tutélaires pour une cérémonie de purification. Interdiction est faite aux enfants d'aller s'amuser au bord de la lagune et de la mer, au risque de se faire sacrifier par les divinités des eaux.

Les oracles mettent également en garde contre les avortements, la haine du prochain, le vol et demandent surtout aux Togolais de cultiver l'esprit de réconciliation, de tolérance et de vivre dans l'union. LES RECOMMADATIONS DE LA PIERRE SACREE 2005 Les 41 divinités du peuple Guin-Mina nous ont donné cette année une pierre de couleur verte. Par cette couleur les divinités interdisent les abattages anarchiques des arbres à qui il faut demander pardon. Elles réclament la redynamisation de la tradition dans tous les coins du pays et la réhabilitation de toute les divinités du Togo. La pierre recommande le pardon et la réconciliation à tous les chefs traditionnels, Gê Fio et à tout le peuple togolais. La pierre recommande aux autorités togolaises de réunir tous les chefs traditionnels et prêtres des divinités tutélaires pour une cérémonie de purification. Interdiction est faite aux enfants d'aller s'amuser au bord de la lagune et de la mer, au risque de se faire sacrifier par les divinités des eaux. Les oracles mettent également en garde contre les avortements, la haine du prochain, le vol et demandent surtout aux Togolais de cultiver l'esprit de réconciliation, de tolérance et de vivre dans l'union.

SEDODO

C’est encore « Edodémouléo », décret des interdits. Les interdits constituent le préliminaire à la cérémonie traditionnelle de « Epé-Ekpé »

A partir du jour du décret des interdits, personne n’a le droit de faire du bruit, de jouer de tambour, d'enterrer à coups de salves et de chants funèbre, de pleurer les morts. Les familles éprouvées ne doivent pas pleure; les condoléances s'expriment en ces termes:" Do de mu le o" d'où « Edodémouléo »

Ces interdictions durent jusqu'au dernier quartier du treizième mois lunaire, souvent en septembre. Toute notre société est donc contrainte à respecter ces interdis car celui qui viole un de ces derniers commet un péché qui lui sépare de la société et doit s'attendre à de grave conséquences.

Ce rite de "SEDODO' e une importance capitale dans la cérémonie de Epé-Ekpé; ceci pour plusieurs raisons: il nivelle la société, fait disparaître durant une certaine période les différences sociales (source fréquentes de désunion)

Le silence et les privations permettent aussi de mieux apprécier le retour fes roulements de tambour et les réjouissances.

SITUTU

C’est la projection de l’eau. Cette phase de rituelle de la cérémonie de « Epé-Ekpé » a lieu environ quatre semaines avant celle de « Kpessosso ». Tous les prêtres et les dignitaires se retrouvent et c’est le prêtre le plus âgé qui procède au « Situtu ». Les officiants préparent les boissons GIN, SODABI (alcool local) et LIHA (boisson à base de sorgho) et une calebasse d’eau. Après une longue invocation aux ancêtres, le prête le plus âgé soulève la calebasse d’eau, prend ce liquide dans sa bouche et asperge trois le sol de gorgées d’eau.

Dans son invocation le prêtre sollicite les dieux pour veiller sur la bonne marche des fêtes de "Epé-Ekpé", les invitant à venir aider la paix et la réconciliation de tout le peuple Guen-Mina

L’invocation terminée, les assistances s’approchent du récipient plein d’eau, touchent la surface d’eau préparée pour la circonstance de leurs mains, boivent et l’appliquent au front et à la poitrine en signe de bénédiction et de paix ; puis  chaque «  hunon » projette une giclée sur le sol.

Hunon : C'est le chef religieux

Situtu est un symboles d'union entre les vivants, comme entre les vivants et les ancêtres, et constitue un élément de la plupart des rite de purification, de régénération, de retour à l'ordre et d'annulation des règlements passés. Boire à la même calebasse signifie pour deux ennemis l'oubli de leurs différends antéri eurs .

NB: Situtu se passe dans le couvent de "TOGBE LAKPAN" le Dieu du clan "La" à Aného.

Mina : Ce sont les éléments venus d'El-Mina (côte d'or) suite à un différend avec les "Ashanti". Le peuple Mina est essentiellement les "Adjigo"

BLIKU-MAMA

C’est le compte à rebours. Le lendemain de « situtu » les chefs religieux et lignagers se réunissent à nouveau cette fois pour les rites de « Bliku-Mama ». Cette assemblée fixe définitivement le calendrier de la cérémonie « Kpessosso »

         On apporte un récipient contenant des grains de maïs au prêtre chargé de diriger la cérémonie. Il met de côté un nombre de grains égal au nombre de jours devant s’écouler jusqu’à cette date. Il envoie ensuite un tas identique, au roi, aux chefs des quartier et à l’intention des autorités politiques.

         Les chefs politiques et royaux comptent les grains et apprennent ainsi combien de jours séparent cette date de celle de rite principal de « Kpessosso ». Ainsi avertis, ils envoient aussitôt des présents à l’assemblé des « hunon » la réunion se termine tard dans la nuit.

Le Bliku-Mama concrétise la volonté du peuple Guen de communiquer et de compter. Ce système de comptabilité rural et ancestral est maintenu dans la cérémonie en dépit des influences occidentales

KPESSOSSO

C’est la prise de la pierre sacrée. C’est toujours un jeudi. On note pour cette journée trois grandes étapes : Tchessi dodo,   Motata et  Kpessosso.

  •         Tchessi dodo

         Tôt le matin tous les "hunon"et leur suite se retrouvent devant leurs différents temples pour la préparation de de l’eau qui servira à purifier les voudoussi (les adeptes vodu) avant Kpessosso. Cette eau est préparée avec "Anyanyran", "gbo", "amaga", d’eau spéciale salée appelée Kolé de goutte de Gin  de  "sodabi"de "liha" et de l’eau de "gbaga" provenant de la lagune du village.

Tous ces éléments sont mis dans un récipient de bois. Le "hunon" invoque les vodou pour qu’ils apportent la paix et la prospérité et qu’ils éloignent le mal.

La préparation terminée, les autres "hunon"  et quelques initiés étendent leurs mains au-dessus du récipient, les baignant dans le liquide, paumes, puis le dos de la main successivement trois fois. Puissant ensuite de ce liquide dans les ceux de la main, ils boivent une gorgée en faisant gicler le reste. 

 

  •          Motata

C’est le débroussaillement de la voie.Vers quartoze heure le peuple est à nouveau prêt pour l’événement annuel. Cette heure heure capitale  est annoncée par l’arrvée des divinités officiels, les chefs Guen-Mina. C’est  un rite qui reste très secret et réservé uniquement aux « hunon »et à certains initiés.

         Le chemin qui mène à la forêt dans laquelle la  pierre mystérieure sera découverte n’est balayé qu’une fois par an. Les herbes et les abustes laissés pousser depuis la dernière cérémonie de l’année écoulée sont dégagés par les initiés. La voie dégagée personne n’a le droit d’y pénétrerà part les hunon et les initiés ; les fidèles restent , leurs chants et leurs danses se succèdent, entrecoupés par les cris « helou » (qui veut dire attention ou malheur, malheur à ceux qui ne veeulent pas du bien au peuple Guen-Mina) des initiés hurlant et gesticulant. La foule s’impatiente et les vodusi entrent en transe. Tout le monde ignore la couleur de pierre.

  •          Kpessosso

  Vers seize heures trente, un mouvement se dessine en provenance de l’allée des taillis et un groupe compact de «hunon» et les «vodusi» avance à pas lents sous les acclamations de la foule : le moment tant attendu est venu la pierre sacrcée est sortie de la forêt. Elle sera ensuite présentée à l’assistance, et commentée par un « hunon ». Ensuite viendrons les recommandations de la pierre pour la nouvelle année.

Enfin la pierre sera déposée et les religieuses (vodusi) danseront en faisant la ronde. La pierre disparaît d’elle-même et on la verra qu’à la treizième lune prochaine.

NLOLI-YOYO

C'est l'invocation des morts. Le vendredi qui le jeudi de la prise de la pierre sacrée, est réservée à l’invocation des morts. C’est un rite d’unité qui se déroule dans les différents clans Guen-Mina. « Noli » signifie revenant.

         Ce vendredi toute la jeunesse se répand dans les rues dès la tombée du jour, chantant, criant, soufflant dans les cornes tapant sur tout ce qui est sonore. On s’amuse, on danse, on organise de petites sorties dans les rues en chantant des airs en l’honneur des morts. Des bals se déroulent sur les places publiques, dans les maisons ; on organise des séances de tambours.

          Pour chaque clan le lieu de la cérémonie de « Noli Yoyo » est la maison ancestrale ou « yohomé ». Le « yoyomé » est le foyer, la souche d’où sont issus les membres du clan. Là sont enterrés quelques ancêtres avec leurs objets personnels.

        Le « yoyomé » est une demeure permanente, c’est dans ce lieu qu’on les invoque et qu’on leur fait des offrandes.

          Dans un coin du « yoyomé » près du mur, sont érigées de petites mottes d’argile concrétisant l’âme des ancêtres. Dans cette case, le chef de famille, invite les morts à écouter les prières qui leurs seront adressées, ainsi que les promesses qui leur seront faites afin qu’ils s’acquittent de toutes leurs obligations familiales durant le nouvel an. Les membres de la famille se réunissent autour du chef de famille dans le « yoyomé » pour la veillé nommée «  aha dodo ho »c’est-à- dire le dépôt des boissons. Afin on allume des lampes pour les morts

YAKA OKEN

C’est un repas d’unité

         Ce n’est seulement qu’après les offrandes aux morts que les vivants peuvent prendre part au festin. Toute la soirée de ce samedi est consacrée à ce repas pris en commun. «Yaka-Oken» signifie prendre n’importe comment, négligemment » (c’est un repas à base de «Yêke-yêke» que l’on mange négligemment afin d’en répandre par terre et toute personne qui passe après ce repas, « à travers la nourriture » tombée sur sol, est considérée comme preneuse du repas ; à l’heure de ce rituel, toute personne qui entre dans la maison est conviée aussitôt à la manifestation : « il peut plonger la main dans l’assiette ! Tout ce qui est tombé est sacrifié aux « vodou ».

NLOWEA-NAGBE

C'est le jour de la présentation des voeux.

Le dimanche de la cérémonie de « Kpessosso » prend autre tournure ; l’aube de ce jour salue l’avènement de la nouvelle année et se désigne sous le nom de « nlowoa nagbé » jour de présentation des souhaits de bonne année. Tout le monde s’endimanche : les femmes se parent de bijoux et de beaux pagnes.

 Donner le « nlowoa » à quelqu’un, c’est souhaiter qu’il échappe à tous les malheurs imaginables et que le bonheur soit avec lui. C’est le jour où deux parents ou voisins opposés par un différend sont tenus de se réconcilier et, si possible, de manger et de boire ensemble.

Donner le « nloewoa » c’est donner l’amour, c’est le jour du pardon, de l’oubli, des bons vœux. Ce jour est réservé aux politesses ; les Guen-mina se rendent chez leurs parents, amis ou alliés pour présenter leurs vœux. On délègue des personnes qui vont de maison en maison, de famille en famille, porter de vive voix la paix, la réconciliation, les vœux et les souhaits les plus fraternels d’une bonne et heureuse année.

Le «nlowoa» se formule en ces termes : « Bonne année, je vous la souhaite ainsi, longue vie ; que le mal vous épargne, que le bien vous comble sur la terre ; que les enfants vivent pour que les parents aient la paix  et que la vérité gagne ! Que la paix règne sur la terre, que personne ne nous veuille du mal !  Que le mal s’éloigne, que le bien descende ! »

           Ainsi formule-t-on les vœux et ce rite occupe les deux journées du dimanche et du lundi. C’est également ce même dimanche que l’on procède à la dégustation de la tête du bélier « agbota gbangban » et que l’on termine les restes du repas de la veille. C’est ce dimanche que les grandes invitations familiales sont organisées ; les cœurs débordent de joie et de liesse. Ceux qui n’ont pas pu se rendre en visite la veille le font ce jour-là. C’est le jour des enfants ; par groupes, ils vont de maison en maison pour souhaiter bonheur et longue vie (on leur donne divers cadeaux : gâteaux et petite monnaie).

Apprendre à donner NLOWA :

NLOWA

NLOWA

EWLA MIWLA

AFI NA KPE

MIKPE NANA

AKPE BOO BOO

AHUN NE TU

EDJI NE DJA

AGBLE NUKUO NE WO

DJIDJIO NE DJI

MADJI MADJIO NE DJI

TETI NE NO AGBE

TEKA NE VU BLE

MIA YO AKO BE AKO, MIA YO NOVI BE NOVI

MIA COTO? MIA COTO? MIA COTO!

ESIDUDU

C'est la danse guerrière. Le mardi qui suit "Kpessosso" commencent les manifestaion clanique. Chez nous qui sommes du clan "Tougban" c'est "Essidudu"

      Après les libations aux divinités commence la danse guerrière. Elle est accompagnée de chants sacrés qu’on ne peut exécuter en toute autre occasion.C’est un initié qui bat le tambour sacré. L’ensemble des initiés devant exécuter la danse guerrière autour du village. Ceci en rappel de l’exode du peuple Guen et le rôle joué par le tambour sacré. Ce rappel guerrier dure toute la soirée du mardi.

      On note également d'autres manifestations clanique comme "Kpantcho-tcho".

VUDU-DZE-APU

C'est le retour des dieux à la mer.

Trois mois après le «Essidudu», il y a une dernière cérémonie qui clôture le « Epe-Ekpe » ; elle se déroule en décembre. La date est choisie par les ancêtres ; elle a toujours lieu un jeudi et se déroule également durant trois jours. En début de semaine, les Guen-Mina se hâtent vers Glidji-kpodji ; tous les initiés se rendent à la ville sainte, certains passeront la semaine au couvent. Des parents venus avec eux s’installent près des couvents pour leur rendre de menus services. Le mardi vers quatorze heures, le tambour sacré « Ekplin » est installé sur la place de Gbatsomé . Une séance de réjouissances rassemble les adeptes qui vont danser toute la soirée. Et celle ci dure jusqu’au mercredi; Le jeudi c’est le « vodu dze apu ». Les « hunon » et « vodusi », ceints de pagnes blancs, les anciens, et tout le peuple Guen-Mina, s’assemblent à Glidji Kpodji. Tout le monde revêt ses plus beaux atours. Les femmes, têtes nues, portent leurs parures de perles et s’enduisent le haut du corps de kaolin. Lorsque la foule est rassemblée, les « hunons » des divinités conduisent le peuple jusqu’à la mer, pour une prière et une libation de louanges et de remerciements. A la fin de la libation, les tambours se mettent à battre au rythme d’une danse guerrière. Le cortège chantant et dansant va au bord de la mer ; là, les initiées en transe se jettent dans les vagues ; de solides adeptes les encadrent pour les empêcher de se noyer

Ce rite se termine assez tard dans la nuit. Il rappelle l’origine des divinités ; il marque aussi la fin des festivités du nouvel an Guen-Mina. Il faut préciser que ces dieux passent huit mois lunaires parmi les hommes dans le couvent, et quatre mois lunaires dans la mer, et que durant leur séjour parmi les humains, ils reçoivent les doléances de leurs adeptes et reviennent quatre mois plus tard avec les bénédictions.

VODU-DZE-APU se termine à la plage d'Aného